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Une salariée écoute une collègue dans un bureau calme, une tasse posée entre elles, la lumière du jour sur le côté

Deuil au travail RH, employeurs et CSE

Soutien psychologique après un deuil : que peut l'entreprise ?

Trois jours de congé, puis le retour au bureau. Entre les deux, rien n'oblige l'employeur à faire quoi que ce soit, et c'est pourtant là que presque tout se joue. Reste à savoir ce qu'une entreprise peut réellement proposer à un salarié en deuil, et où s'arrête sa place.

Une entreprise n'est pas un lieu de soin, et personne ne lui demande de l'être. Mais entre les trois jours de congé prévus par la loi et un salarié qui revient s'asseoir à son bureau, il y a un espace que rien n'occupe par défaut.

Cet espace se travaille. Pas en improvisant de l'empathie, mais en rendant accessibles des ressources qui existent déjà, et dont la plupart des salariés ignorent jusqu'à l'existence.

Un enjeu de santé

Le deuil est un enjeu de santé au travail

Le deuil n'est pas une maladie. Il fragilise pourtant, et durablement : troubles du sommeil, anxiété, difficultés de concentration, repli. Ces manifestations sont normales, mais elles se produisent au travail, et elles y produisent des effets.

L'employeur n'a pas vraiment le choix de s'y intéresser. Le code du travail lui impose de protéger la santé physique et mentale des travailleurs, et les risques psychosociaux entrent explicitement dans ce périmètre. Un salarié endeuillé mal accompagné, c'est un risque d'arrêt prolongé, d'épuisement ou de désengagement.

La loi ne dit pas comment s'y prendre. Elle dit qu'il faut s'en occuper.

Le deuil n'est pas un problème de ressources humaines. C'est une donnée de santé au travail.

La nuance change tout : elle fait passer le sujet des bonnes intentions à la prévention, avec les outils et le budget qui vont avec.

Vérifié auprès de 1 INRS 3 Ministère du Travail

Deux collègues discutent debout près d'une fenêtre, à l'écart d'un plateau de bureaux, dans une posture attentive
Le soutien le plus utile n'est presque jamais une conversation sur le chagrin.

Le retour

Le retour : ce qui aide, ce qui blesse

  1. Ce qui aide

    Nommer, puis s'effacer

    Un mot bref et sincère à l'arrivée, une charge réduite pour une durée annoncée, une équipe prévenue de ce qu'elle peut dire. Le salarié sait qu'il est attendu, sans se sentir scruté.

    Le plus efficace tient souvent en une phrase : dire ce qui est aménagé, jusqu'à quand, et que cela se rediscutera.

  2. Ce qui blesse

    Le silence, ou l'excès

    Ne rien dire est reçu comme de l'indifférence. À l'inverse, prendre régulièrement des nouvelles de la douleur elle-même met le salarié en demeure d'en parler, alors qu'il vient peut-être travailler pour y échapper.

    Deux erreurs symétriques, une même cause : on parle de la personne au lieu de parler avec elle.

Vérifié auprès de 2 INRS

Les dispositifs

Les dispositifs, et ce qu'ils ne font pas

Quatre ressources existent, dont trois sont gratuites pour le salarié. Les faire connaître coûte souvent moins cher que d'en mettre une de plus en place.

  • Prestataire, financé par l'employeur

    La cellule d'écoute externe

    Des psychologues joignables par téléphone, en dehors de la hiérarchie et sans que l'entreprise sache qui appelle. C'est le seul des quatre dispositifs dont l'employeur maîtrise la mise en place et le délai d'accès.

    Ce que ce n'est pas Ce n'est pas un suivi : le nombre d'entretiens est borné par le contrat, et l'orientation vers un psychologue reste souvent nécessaire ensuite.

  • Gratuit, à la demande du salarié

    Le service de prévention et de santé au travail

    Le salarié peut demander lui-même une visite, sans passer par son employeur ni justifier son motif. Après un arrêt de plus de trente jours, une visite de préreprise peut être organisée à sa demande pour préparer le retour. Le temps passé et les frais de transport sont à la charge de l'employeur.

    Ce que ce n'est pas Le médecin du travail n'est pas un thérapeute : il évalue, préconise des aménagements et oriente.

  • Douze séances par an, accès direct

    Mon soutien psy

    Le dispositif de l'Assurance maladie ouvre douze séances par année civile chez un psychologue conventionné, sans prescription du médecin traitant. La séance est facturée 50 €, remboursée à 60 % par l'Assurance maladie, le reste par la complémentaire santé.

    Ce que ce n'est pas L’entreprise peut faire connaître ce dispositif ; la démarche et le choix d’y recourir appartiennent à la personne concernée.

  • Ligne nationale, gratuite, 24 h/24

    Le 3114

    Des infirmiers et des psychologues formés à la crise suicidaire répondent par téléphone ou par messagerie. La ligne s'adresse aussi aux proches, aux personnes endeuillées après un suicide, et aux professionnels qui ne savent pas quoi faire d'une situation.

    Ce que ce n'est pas C'est une ligne de crise, pas un accompagnement du deuil dans la durée.

Précision

Trois de ces quatre ressources sont accessibles sans l'entreprise. Son rôle n'est donc pas de les remplacer, mais de faire en sorte que personne ne les découvre trop tard.

Vérifié auprès de 4 Service-Public 5 Service-Public 6 Assurance Maladie 7 3114

Une responsable des ressources humaines et un manager travaillent ensemble sur un document dans une salle de réunion claire
Ce qui n'est écrit nulle part se rejoue à chaque fois, au jugé.

Quand orienter

Savoir quand passer la main

Le deuil suit son cours, et il n'y a rien à corriger. Certaines évolutions, en revanche, appellent autre chose qu'un aménagement d'horaires. Un manager n'a pas à poser de diagnostic, mais il doit reconnaître le moment où sa place s'arrête.

La conduite est alors simple : dire ce qu'on observe sans l'interpréter, rappeler que le service de santé au travail se saisit à la demande du salarié, proposer d'aider à prendre le rendez-vous. Puis s'en tenir là.

Ce qui doit conduire à orienter

  • Un épuisement qui s'aggrave au lieu de s'atténuer, plusieurs mois après
  • Un retrait complet des échanges, ou à l'inverse une hyperactivité qui ne s'arrête plus
  • Une consommation d'alcool ou de médicaments qui devient visible au travail
  • Des propos laissant entendre que la vie n'a plus d'intérêt : dans ce cas, le 3114, sans attendre

Vérifié auprès de 2 INRS 7 3114

La politique RH

Inscrire le deuil dans la politique RH

Le code du travail fixe un plancher : trois jours pour le décès d'un parent ou du conjoint, douze à quatorze pour celui d'un enfant. Tout ce qui va au-delà se décide, et gagne à être écrit une fois pour toutes.

Les aménagements à envisager 0 sur 6

Cochez ce que vous mettez en place : la sélection reste sur cet appareil.

Pour aller plus loin 8 Service-Public 9 Anact

À retenir

Ce qu'il faut retenir

Le deuil relève de la santé au travail, pas seulement des congés : l'employeur doit protéger la santé mentale de ses salariés, et un deuil mal accompagné se solde en arrêts et en désengagement.

Quatre ressources existent, dont trois gratuites et accessibles sans passer par l'entreprise. Sa contribution la plus utile n'est donc pas d'en créer une cinquième : c'est de les faire connaître, d'aménager le retour, et de savoir passer la main quand la situation dépasse ce qu'un employeur peut porter.

Trois questions qui reviennent

Questions fréquentes

Proposer, oui ; prescrire, non. Le rôle de l'entreprise est de rendre les ressources visibles — cellule d'écoute, service de santé au travail, Mon soutien psy — puis de laisser la personne décider. Insister, ou faire du suivi psychologique une condition du retour, serait une intrusion dans sa vie privée et se retournerait le plus souvent contre l'objectif poursuivi.